L’eau si précieuse

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Depuis des années, le Maroc souffre de sévères périodes de sécheresse qui rendent le monde rural fortement dépendant des ressources en eau du pays. Les techniques séculaires d’irrigation, encore en usage de nos jours témoignent du savoir-faire et de l’ingéniosité des populations marocaines pour capter l’eau. Des barrages de dérivation, des seguias, des khettara, des puits et des norias ont depuis longtemps été aménagés dans les montagnes et les oasis. Dès le début des années 1960, une politique de grands barrages (mise en œuvre auparavant par le protectorat français) a été accélérée par le Maroc indépendant, pour l’irrigation, la production hydro-électrique et l’alimentation en eau potable hydro-électrique et l’alimentation en eau potable. A côté des grands espaces, de petites premières irriguées ont vu le jour grâce à l’essor des motopompes. Souvent introduites par les marocains résidents à l’étranger (installés en France, en Belgique, en Hollande, en Italie) qui consacrent une partie de leurs revenus à l’amélioration des conditions de vie et de travail de leurs proches restés au village et qui initient des projets de développement, ces motopompes remplacent les procédés traditionnels. C’est désormais le cas dans les oasis.
Afin de lutter contre la détérioration de la situation économique et sociale en milieu rural, due en grande partie à la sécheresse, un programme interministériel, adopté en 1999, prévoit : installation hydrauliques, adduction d’eau potable, électrification, construction de routes, aménagement et entretien des écoles rurales, annulation et report des dettes pour les petits agriculteurs. Autant de mesures pour répondre à l’urgence, tenter de réduire l’hiatus qui sépare le monde rural du monde urbain et endiguer l’exode vers les villes.
A l’ampleur de ces problèmes s’ajoute un paradoxe : les grands propriétaires terriens (famille régnante, proches du pouvoir, hauts fonctionnaires et gardés de l’armée, patrons ou actionnaires et gradés de l’armée, patrons ou actionnaires d’entreprises ainsi que de holdings), ne vivant pas à la campagne, perçoivent difficilement l’intérêt qu’il y a à terme – pour tous, eux y compris – à stabiliser la population rurale grâce à l’aide qu’ils pourraient apporter en équipements et en accompagnement social et culturel.
Les petits paysans sont aujourd’hui marginalisés face au capitalisme agraire, qui a été le principal bénéficiaire des politiques antérieures (grands travaux d’irrigation,, exonération fiscale accordée au monde agricole de 1984 à 2000) et qui sera le mieux armé pour supporter, à partir de 2010, les effets de l’accord de libre-échange signé, en 1995, entre le Maroc et l’Union européenne.

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