Le Maroc aujourd’hui

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Le terme arabe pour désigner le Maroc, Al Maghrib, signifie étymologiquement « le lieu où le soleil se couche », « l’occident ». A ce Finistère de l’orient, les géographes arabes anciens ont d’ailleurs donné le nom d’ « Occident extrême ». il serait ainsi l’Occident de cet Orient encore un peu mythique aux yeux du voyageur européen. Un Maroc qu’on s’attend donc à trouver familier.
Pourtant, à peine y a-t-on posé le pied que le sentiment d’être vraiment ailleurs s’impose. Cette étrangeté est inscrite elle aussi dans la racine du mot Al Maghrib, qui évoque, en même temps que le couchant, le voyage lointain et l’exil. Le Maroc d’aujourd’hui vit à l’heure de la mondialisation et des progrès technologiques, tout en conservant un héritage politique, social et culturel bien à lui. En cela, il continue de répondre à la signification dont son nom arabe est porteur : proche et étranger à la fois. Telle une médaille, il a deux faces.

La médina, qui constitue le noyau urbain initial, a conservé son ordonnancement et son architecture traditionnels. Elle reste le lieu privilégié du petit souks et en kissaria, c’est-à-dire en corporations de commerçants et d’artisans ; ses quartiers d’habitations sont agencés autour des quatre points essentiels que sont la mosquée, la fontaine, le hammam et le four.
Cependant, si la tradition se maintient vivante, elle n’exclut pas la pénétration de certaines formes de modernité dans la vie quotidienne. Qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, la médina d’aujourd’hui voit la coexistence souvent très gaie de la poterie séculaire avec le plastique, de la djellaba avec la copie de ce qui se fait de plus mode en occident, de la psalmodie du coran avec les derniers succès de la musique raï, rock ou techno, ou encore des minarets ornés de boules en cuivre avec les terrasses hérissées d’antennes parabolique.
Un lieu très ouvert, donc, malgré les murailles qui le cernent et le séparent de la ville moderne. Cette ouverture au monde de l’espace public n’altère en rien l’espace privé. Qu’il s’agisse d’habitations modestes ou de riches palais, l’intimité des familles y est préservé du regard extérieur par des façades aveugles et des seuils de porte en forme de chicane. Délaissées par les grandes familles citadines, qui leur préfèrent d’immenses villas parfois clinquantes, dans les quartiers huppés de la ville moderne, les anciennes belles demeures de la médina sont soit occupées, soit investies par des familles de milieu populaire, souvent d’origine rurale, qui les habitent à plusieurs, sans moyens pour les entretenir.

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